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Passeurs de mémoires...
Passeurs de mémoires réunit principalement des personnes issues du domaine de l’éducation formelle (enseignants, universitaires) et non formelle (animateurs, éducateurs, formateurs…) soucieuses de tirer les leçons du passé, et de lutter contre toute forme de préjugés. Créée en 2005, l’association Passeurs de mémoires a pour objet d’éditer et de promouvoir du matériel pédagogique sur tous supports (affiches, livres, films, CD-Rom, site internet…) ainsi que de créer et réaliser des activités pédagogiques sur les génocides dans l’histoire, sur les peuples victimes de génocides ou de persécutions et, plus largement, sur le racisme, l’antisémitisme et toute forme de préjugé.
Les Passeurs de mémoires vous proposent la lecture d’un excellent livre de l’historienne
S’il est un film dont le statut et la réception se sont sans cesse modifiés au gré des impératifs politiques, sociaux, et mémoriels, c'est bien Nuit et Brouillard.
Lorsqu’on pense à Nuit et Brouillard, les noms d’Alain Resnais et de Jean Cayrol sont ceux qui viennent immédiatement à l’esprit. Personne n’avait réellement pris en compte le rôle central d’Olga Wormser dans l’élaboration du film. La vie de cette jeune historienne fut digne d’un véritable roman, avec sa large part de souffrances. A la Libération, Olga intègre le ministère Frenay où elle participe à la recherche et à l’accueil des déportés de France. Cette tâche la conduit à Bergen-Belsen en mai 1945. Elle découvre aux cotés des Britanniques l’horreur du camp et l’odeur de la mort :
« Pendant un mois, après le retour, il m’est impossible de me réadapter. Je revis les jours d’Allemagne. Ma vie, c'est la gare d’Orsay, l’hôtel Lutetia. »
A son retour de Pologne, elle publie un article dans France d’abord du 28 août 1946 sous le pseudonyme de Fanny Vergen :
« Encore ! vont dire les blasés, ceux pour lesquels les mots « chambre à gaz », « sélection », « torture », n’appartiennent pas à la réalité vivante, mais seulement au vocabulaire des années passées, vocabulaire à ranger au « décrochez-moi ça » de
Olga a immédiatement l’intuition du devenir-musée d’Auschwitz et de la nécessité de garder le souvenir du génocide vivant. Ces éléments hanteront la conception de Nuit et Brouillard. La vie sentimentale d’Olga est également romanesque. Elle a grandi dans l’ombre de sa petite sœur Hélène, belle et talentueuse. Cette dernière fréquente les intellectuels du Parti Communiste de l’après-guerre. Elle avait épousé Henri Wormser en 1938, qu’elle quittera pour le peintre Edouard Pignon. Toujours dans l’ombre d’Hélène, Olga épousera ce même Henri dix ans après sa sœur…
« la culture cinématographique au lycée, pour laquelle [Agel] militait, passait aussi par ce tri silencieux entre ceux qui n’oublieraient plus Nuit et Brouillard et les autres. Je ne faisais pas partie des ‘‘autres’’. [1]»
Daney décrit une expérience dans laquelle le cinéma opère une révélation. Le cinéma a le pouvoir de nous révéler l’histoire, de nous faire voir l’horreur de la vérité en face, mais aussi de révéler les hommes à eux-mêmes :
« Toute ma vie, j’ai vécu avec ces cadavres-là, que le cinéma m’a donnés, dont il m’a confié l’existence et dont, par la même occasion, il est sorti – le cinéma – grandi à mes yeux, comme l’instance qui sait, qui montre et qui sait que c’est irréfutable. [2]»
Le film devient peu à peu un classique, distribué par le ministère de l’éducation nationale dans les écoles. Dans les années 80, Nuit et Brouillard accède au rang d’étendard moral des associations antiracistes, de l’institution scolaire et de
« Ce film de Resnais, tellement encensé, est une présentation erronée et dangereuse des faits. Les chambres à gaz y paraissent destinées aux prisonniers belges, français ou néerlandais, sans que les Juifs soient une seule fois mentionnés. »
Ophir Levy
Merci, c'est gentil.
Je crois savoir qu'elle travaille sur deux autres projets (mais c'est un peu secret alors je ne dis rien... même si l'un d'eux pourrait avoir un rapport avec Marguerite Duras et Hiroshima... mais bon, j'ai rien dit...)
Je vais sûrement faire le voyage de mémoire en Pologne organisé par le mémorial de la SHOAH
Du 27 octobre au 2 novembre
http://www.memorialdelashoah.org/b_content/getContentFromNumLinkAction.do?type=1&itemId=241
J'attends juste une réponse pour mon financement
J'y suis déjà allée, mais sur une journée
Voir ce que j'en ai écrit: http://www.primo-europe.org/showdocs.php?rub=4.php&numdoc=Do-684973651
Je pense que cette fois ci, j'en apprendrais beaucoup plus
Je suis allé lire votre émouvant témoignage et je vous remercie de me l'avoir signalé.
Il n'est pas totalement impossible que nous nous croisions dans les temps prochains puisque je suis souvent amené à travailler avec le Mémorial de la Shoah (ils me demandent de temps en temps de participer à des conférences ou d'animer des formations sur les questions de "représentation" de la Shoah déstinées aux enseignants d'histoire ou à des responsables d'associations). J'ai rencontré en juin dernier les responsables de la pédagogie du mémorial et il se peut que je participe à certains des voyages en Pologne et que j'organise en tant que guide des visites du mémorial. Tout cela se décidera d'ici octobre. Peut-être à très bientôt donc.
O.L.
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Ce que vous rendez très bien, il me semble, c'est le caractère insurmontable, irréalisable, infini du devoir de mémoire.
Comment dire l'indicible sans s'y exténuer, sans y laisser sa peau ? Films-monuments, travail d'Histoire qui devient histoire d'une vie... énormité écrasante de la mémoire d'un évènement qui précisément coupaient les fils de la mémoire.
Je voudrais vous dire plus personnellement, que l'enfant que j'étais, emmené par son père (réfugié espagnol) visiter un camp, puis voir le film, Nuit et Brouillard, s'est souvenu et a écouté le silence.
En somme, tout n'était pas vain dans le travail de mémoire. Pour ceux qui se sont tus, je crois que c'est bien.
Merci Olivier, d'avoir posté une réponse aussi sensible et personnelle. J'espère que nous aurons bientôt l'occasion de prolonger notre discussion.