Les Passeurs de mémoires sont heureux de vous annoncer la publication du livre d'Ophir Levy intitulé Penser l'humain à l'aune de la douleur. Philosophie, histoire, médecine (1845-1945) aux éditions L'Harmattan.
Cet ouvrage, qui s'interroge sur la douleur comme phénomène permettant d'interroger profondément la notion
d'humain, n'est pas sans rapport avec le travail de l'association Passeurs de mémoires. En
effet, l'auteur a participé et organisé certains des ateliers sur les génocides que nous avons menés auprès de jeunes publics aux quatre coins de la planète (Taïwan, Mozambique, Burundi et
bien-sûr en France). Les questions de douleur (les persécutions, les camps de concentration) et d'humain étaient évidemment au coeur de nos réflexions. La parole des témoins de la Shoah ou des
rescapés du génocide des Tutsi rencontrés au Burundi a sans aucun doute influencé son travail. Celui-ci retrace un siècle d'histoire de la douleur, entre la découverte de l'anesthésie
opératoire (1846) et la fin de la Seconde Guerre mondiale (1945).
http://penserlhumainlaunedeladouleur.blogspot.com/
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« Si l’on me donnait le choix
entre une mauvaise dent et une mauvaise conscience, je choisirais sans hésiter la mauvaise conscience » se serait écrié Heinrich Heine après s’être fait arracher une dent… Ce n’est
pas un hasard si, en plein coeur du XIXe siècle, la découverte de l’anesthésie fut le fruit du travail acharné de dentistes (Wells, Morton). Leur discipline n’avait sans doute pas à
charrier l’immense cortège de valeurs et de significations accolées à la douleur : manifestation de la punition divine, participation de chacun à la passion du Christ, prise de
conscience des limites du corps, symptôme utile qui guide la main du chirurgien, etc.
Ainsi, parce qu’elle était inéluctable, la
douleur est toujours apparue comme nécessaire voire précieuse. C’est à cette inférence de fortune que mit fin l’anesthésie. Devenue contingente, quelle signification nouvelle fallait-il
accorder à la douleur ? Que nous apprenait son absurdité enfin dévoilée sur notre présence au monde ? Paradoxalement, loin de s’éclipser, la douleur n’a fait que proliférer du XIXe au
XXe siècle. Dans la quotidienneté du travail à l’usine, dans les blessures de guerre, dans chaque instant de la vie concentrationnaire, la douleur semble avoir constitué le régime
normal de l’homme moderne. En retraçant l’évolution des discours philosophiques, historiques, littéraires et médicaux sur la douleur, il apparaît invariablement qu’en filigrane, c’est
toujours notre conception même de l’humain qui est en jeu.
------- extrait de la 4ème de couverture ------------
Par Passeurs de mémoires
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